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Exemples de bonnes pratiques

La production d’énergie renouvelable étant intimement liée au développement territorial délocalisé, elle doit prendre en compte les diverses questions et spécificités rattachées à ce territoire.

Cette rubrique a pour objectif de communiquer sur des exemples adoptant ce type de démarche et qui peut parfois concerner plus que le seul terrain qui accueille le système.

Si vous pensez que votre projet s’implique dans ce type de démarche et que souhaitez communiquez sur votre intitiative, n’hésitez pas à nous contacter.


Un parc photovoltaïque à Ortaffa

A Ortaffa, dans les Pyrénées Orientales, juwi EnR et le maire de la commune ont mis en place une démarche spécifique permettant une bonne intégration d’un parc photovoltaïque au sol de 25 MW à la réalité du territoire.

Le parc en question, raccordé en septembre 2013, est implanté sur 87 hectares de terrains de faible valeur agronomique du type friches et vignes classées VCC1 (pour 90% de la surface du projet).

Vue d’ensemble du parc agri-solaire d’Ortaffa - JPEG - 126.5 ko
Vue d’ensemble du parc agri-solaire d’Ortaffa
Source : Dronimages, R. Roig / juwi EnR

L’ensemble a été pensé pour permettre une cohabitation harmonieuse entre le parc et une agriculture respectueuse de l’environnement : découpage du parc en 10 enclos pour respecter les spécificités naturelles du site, certification ISO 14001 du chantier avec la mise en place d’une charte chantier vert, semis d’espèces fourragères et mellifères locales, entretien naturel du parc grâce aux moutons, installation de ruches….

Entretien du parc agri-solaire d’Ortaffa par des moutons - JPEG - 7.2 Mo
Entretien du parc agri-solaire d’Ortaffa par des moutons
Source : Dronimages, R. Roig / juwi EnR

Afin de préserver le patrimoine viticole de la région, juwi EnR et le maire d’Ortaffa ont mis en place une charte viticole permettant d’intégrer le développement de cette filière agricole en cohésion avec le projet de parc photovoltaïque. La charte prévoit que juwi EnR offre son soutien technique et financier aux exploitants pour replanter sur des terrains à plus grande valeur agronomique et améliorer leur vignoble, ou restructurer qualitativement leur exploitation voire se convertir à l’agriculture biologique. De plus, les meilleures parcelles de vigne ont été préservées selon des critères de qualité et de productivité alors que d’autres ont pu accueillir des installations photovoltaïques.

Ce projet a été présenté en amont aux habitants et acteurs locaux concernés afin de recueillir leurs avis et intérêts.

Pour en savoir plus, vous pouvez consulter le site internet dédié au projet et en particulier, visionner la vidéo du projet avec le témoignage de quelques parties prenantes.

Appel à projet de Collobrières : moins est mieux

La commune de Collobrières a mis en place un appel à projet pour la réalisation d’un système photovoltaïque au sol. Le jury, composé de représentants des autorités publiques, s’est basé sur les critères de sélection suivants :

  • la maîtrise des impacts environnementaux
  • la qualité technique de la proposition
  • les retombées économiques pour la commune.

Toutefois, le jury recherchait avant tout l’offre ayant tenu le plus compte des contraintes environnementales et de l’intégration paysagère. Huit entreprises ont répondu à cet appel à projet.

C’est l’entreprise PHOTEÏS qui a remporté l’appel d’offre organisé par la commune. Le système photovoltaïque aura une puissance d’environ 6,5 MW pour une emprise au sol de 13 hectares.

Cet appel à projet visait à sélectionner un maître d’ouvrage pour l’étude, la réalisation et l’exploitation d’un parc photovoltaïque raccordée au réseau. A l’issu d’une première phase de sélection, sur dossier, trois entreprises ont été auditionnées par le jury. Ce dernier comprenait la commune de Collobrières, le Syndicat Mixte d’Electricité du Var, le Symielec Var, la région PACA et l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie (ADEME) ainsi qu’un expert indépendant.

Exemple d’installation photovoltaïque - JPEG - 20.5 ko
Exemple d’installation photovoltaïque
crédit photo : Photeïs

L’appel à projet portait sur 3 parcelles respectivement de 48, 15 et 10 ha. PHOTEÏS, dans un souci de respect de l’environnement et du paysage, a écarté d’office le terrain de 48 ha car il était classé en zone Natura 2000. L’installation d’un système à cet endroit risquait de défigurer le paysage. PHOTEÏS a choisit de se concentrer sur les 2 autres parcelles qui offraient des contraintes environnementales et un impact visuel moindre, en mettant en avant une approche de projet à taille humaine.

Séduit par cette approche, la commune de Collobrières ainsi que les représentants de l’état et des collectivités territoriales présents au Jury ont privilégié une offre permettant un impact environnemental faible à une offre où les revenus globaux seraient beaucoup plus importants. Le projet de Collobrières devrait permettre de couvrir la consommation (hors chauffage) de 3500 foyers, ce qui correspond au besoin en électricité du territoire de Collobrières.

Fabrice Juquois

« Nous pensons que l’avenir des centrales au sol en France est lié à des projets intégrant complètement les contraintes environnementales et paysagères et d’une taille en rapport avec les besoins en électricité de la zone couverte. C’est à ses conditions, que l’on pourra assister à un développement pérenne du photovoltaïque en France et bénéficier pleinement des bienfaits d’une électricité propre, inépuisable et décentralisée ».

annonce Fabrice Juquois, président de PHOTEÏS SAS.

Apisolaire : Le photovoltaïque au service des abeilles !

Sur le territoire de la communauté de communes de Maure de Bretagne, un parc photovoltaïque est en cours de développement sur un terrain affecté actuellement au domaine agricole. La principale question que se sont posé les acteurs du projet est de comment faire en sorte que le parc photovoltaïque, qui grèvera a priori des terres actuellement affectées à l’Agriculture, permette au bout du compte de concilier production d’énergies renouvelables, défense de l’agriculture, aide à l’économie locale, et financement d’une politique sociale ?

Une des pistes proposées et souhaitées est de saisir l’opportunité de la réalisation de ces parcs pour contribuer à la défense d’un secteur en difficulté qui est l’apiculture, et de favoriser le processus de pollinisation, dont on sait la valeur économique inestimable. Cette idée a été inspirée du rapport du député Martial Saddier "Pour une filière apicole durable", remis à Michel Barnier en octobre 2008.

José Mercier, maire de Bovel et la société Quénéa Energies Renouvelables, porteur du projet, ont imposés dès le départ du projet, de concevoir dans les études préalables les modalités techniques d’implantation des panneaux et l’espacement nécessaire entre les files permettant le passage d’un engin agricole adapté, afin d’assurer la possibilité de semer des plantes mellifères, productrices soit de nectar soit de pollen. L’objectif affiché est de mettre en place une réflexion et des dispositions concrètes pour une production d’énergie renouvelables en adéquation avec les défis actuels de l’agriculture et de la biodiversité. Des ruches seraient positionnées aux abords du parc. La production de miel, gérée par un apiculteur local, serait commercialisée dans un circuit court. Le miel pourrait être certifié comme miel issu de l’agriculture biologique. Une réflexion sur la production de gelée royale ou d’autres produits à usage thérapeutique, est à étudier en complément. On considère qu’une trentaine de ruches peuvent être accueillies sur une dizaine d’hectares, produisant entre 15 et 25 kg de miel chacune.

Des parcelles environnantes au terrain occupé par le parc photovoltaïque seraient plantées pour les abeilles. Il est prévu de mettre en place une observation du comportement des abeilles dans leur rapport avec l’installation photovoltaïque et avec les diverses espèces de fleurs plantées sur le parc et aux abords.

En complément, au terme d’une négociation, douze hectares seraient réaffectés par le propriétaire du terrain à l’agriculture biologique, afin de favoriser la production locale dans le cadre d’une association existante producteurs/commerçants locaux/consommateurs.

Les apiculteurs contactés ce jour : union nationale, régionale, départementale, contrôleur sanitaire, accueillent la démarche de manière très positive. Une étude des sols sera nécessaire afin de déterminer quelles plantations retenir.


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Dernière mise à jour : 7 janvier 2016
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