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Perspectives à long terme : un "Super-Grid"


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Ces perspectives qui peuvent paraître futuristes ont servi de base à des travaux plus récents menés notamment par des chercheurs allemands en quête de solutions pour permettre à leur pays, insuffisamment pourvu par la nature en ressources d’énergie renouvelables, de respecter son double engagement de réduction des émissions de gaz à effet de serre et d’arrêt progressif de la production d’électricité nucléaire.

Dans une communication datant de juillet 2008, un représentant du centre de recherche de la Commission Européenne « JRC » à Ispra en Italie a dévoilé un projet de « super-réseau » (« Super-Grid ») consistant, grâce à un câble sous-marin qui ferait le tour de l’Europe depuis la Turquie jusqu’à la mer Baltique en passant par le détroit de Gibraltar et la Manche, à collecter et acheminer vers les consommateurs européens les futures productions d’électricité renouvelable issues des fermes éoliennes off-shore de l’Atlantique et de la Mer du Nord et des centrales photovoltaïques de l’Afrique du Nord, notamment du Sahara dont il suffirait de « récolter » 0,3% de la lumière solaire incidente pour couvrir toute la consommation européenne d’électricité.

Le coût de ce projet, qui est aujourd’hui techniquement possible grâce aux progrès des technologies de transports d’électricité en courant continu à haute tension (HVDC), capables d’acheminer beaucoup plus d’énergie avec beaucoup moins de pertes que le traditionnel courant alternatif, a été évalué à 45 milliards d’Euros d’investissement.

Un chiffre élevé, mais qui doit être mis en regard des prévisions de l’Agence International de l’Énergie (AIE) d’un besoin mondial d’investissement en nouveaux moyens de production d’électricité de l’ordre de 30 000 milliards d’Euros dans les 30 prochaines années. Quant à la puissance installée pour la seule électricité solaire en Afrique du Nord, elle pourrait atteindre 100 000 MWc en 2050 et produire l’équivalent de la moitié de la consommation française actuelle d’électricité pour un montant d’investissement cumulé de quelques milliers de milliards d’Euros. Il n’est pas étonnant avec de tels chiffres que les autres grands pays européens, notamment la Grande-Bretagne et la France, aient déclaré leur intérêt pour un tel projet, qui pourrait aussi trouver sa place dans le cadre de l’Union pour la Méditerranée. Les déserts étudiés situés dans d’autres régions du monde (Moyen-Orient, Chine, Inde du Nord, Australie et Amérique du Nord) sont également candidats à des projets de grande ampleur dont la faisabilité technique et économique est aujourd’hui en cours d’évaluation.

Dernière mise à jour : 26 septembre 2011
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